Continuons notre escapade dans les années 1930 à travers la biographie de Marcel Kienné, un des grands noms de la nudité en France…

Les grands esprits se rencontrent

En 1930, Kienné de Mongeot organise le premier Congrès nudiste avec les docteurs Beltrami, Sorel, Vachet… En 1939, il existe alors trois centres nudistes en région parisienne (le Sparta-Club à Chambourcy, le Club gymnique de France à Villecresnes, Air et Soleil à Franconville) et une dizaine d’autres en province. Puis la guerre restreint ou éteint les activités. A Bordeaux, ses membres venaient passer leurs vacances en plantant leurs tentes au bord de la mer, à Montalivet et dans tout le Médoc. A Lille, la section « Vivre », après deux ans de recherche, trouve un terrain, le Fort de Séclin, loué par l’armée. Elle est animée par Albert Lecocq (1905-1969), alors journaliste à « L’écran du Nord », puis à Rouen et Paris. Il y rencontre Christiane et l’épouse en 1933 et ils adhèrent aux idées de 1936 avec Léo Lagrange, le droit aux vacances, les congés payés, le tourisme populaire…

La naissance du « Club du Soleil »

A la sortie de la guerre en 1944, ils fondent « Le Club du Soleil » à l’imitation des sections de « Vivre », dont ils ont les adresses et adoptent le nom de « Naturiste » au lieu de Nudiste. Ils ont du succès puisque à la mort d’Albert Lecocq en 1969, le club du Soleil a 84 sections en France. Marcel Kienné de Mongeot avait eu de nombreux procès avec les conservateurs et les traditionnalistes avec « La ligue pour la moralité publique » et la « Société centrale de protestation contre la licence des rues ». Lecocq, rendu plus prudent, ne veut pas de noms provocants ou équivoques et quand il a fondé le terrain de Montalivet il l’a appelé le CHM, Centre Hélio-Marin, comme dans la Somme le Centre Héliomarin de Berck. Et sa revue il l’appelle « La Vie au Soleil » et elle s’appelle toujours ainsi, fièrement…