On connaît le poids de notre héritage socioculturel via la (les) religion(s) monothéiste(s) et machiste(s) qui a (ont) formaté nos principes moraux dont celui qui consiste à assimiler nudité et perversions sexuelles. On sait que ces principes, qui trouvent leur suc dans une tradition judéo-chrétienne pudibonde et hypocrite, ne vont pas disparaître de sitôt. Il est clair, en effet, que malgré l’évolution rapide des mœurs et compte tenu de la nouvelle sagesse dictée par une société bienpensante, l’homo modernus n’est pas prêt, dans son immense majorité, à renoncer ni à ses vêtements en tant que parure civilisatrice, ni à ses interdits moraux protecteurs.

A quand la réconciliation de la pudeur et de la nudité ?

Seulement, ne peut-on pas imaginer qu’à plus ou moins long terme, la tendance ne vienne de se libérer progressivement du carcan vestimentaire et puritain – et des névroses qui vont avec – pour ne plus faire du vêtement qu’un accessoire utile, nécessaire ou indispensable adapté aux circonstances, aux lieux et aux activités exercées dans un environnement donné hic et nunc ? Autrement dit, ne peut-on concevoir un comportement quotidien, domestique, où pudeur et nudité soient enfin réconciliées ? De la même façon que l’on convie ses amis à une « fête blanche  », ne serait-il pas envisageable que, dans un cadre protégé, amical et convivial, indoor ou outdoor comme disent les anglo-saxons, une tenue dite « alternative » plus ou moins légère, plus ou moins transparente, plus ou moins ajustée ou quasi absente soit de mise selon l’âge et le goût de chacun(e), ceci en harmonie avec chaque occurrence, sans étalage de vulgarité et en respectant un code général de bienséance comportementale identique à celui qui se pratique habituellement en milieu textile, sans dérive sexuelle bien sûr et en présence éventuelle d’enfants ?

Ce ne serait pas seulement la fin d’un tabou sociétal, mais bien l’émergence d’une véritable nouvelle donne de civilisation qui nous ferait atteindre, en toute harmonie avec soi-même et avec les autres, ce point d’équilibre fragile qui se trouve à égale distance de la licence et du moralisme…